
T’inquiète, je vais pas commencer à vous écrire toutes les semaines, j’ai pas le temps car je collectionne déjà les mugs en céramique, les stylos-feutres et les sorties racistes des ministres de Macron, chui full.
Après si vous m’imaginez chiner les mugs cheveux au vent sur le petit vide grenier de Royan en robe de lin et sandales tressées, vous vous fourrez le museau, mon dernier mug, c’est un monoprix des soldes d’été, j’étais rentrée dedans car il faisait huit mille degrés et la sangle de ma Crocs en plastique avait pété pis j’ose pas sortir les mains vides j’ai peur qu’ils fouillent mon sac et tombent sur un quart de concombre emmailloté dans un masque FFP2, (j’ai une bonne explication mais je préfère garder quelques mystères).
Je m’excuse auprès de Royan qui n’a rien fait pour se retrouver dans la phrase précédente et ptet je me concentre sur ce que je voulais vous raconter.
(Je tiens quand même à vous préciser que j’aime ledit mug d’un amour toxique : il a des abeilles dessus, ce qui est chouchou comme tout…. tout en me donnant l’impression que je vais boire des abeilles, ça fait que je me sens responsable de leur extinction à moi toute seule et que je dois me rappeler que non c’est pas moi mais les sénateurs à Macron qui bousillent les abeilles, je vous cache pas qu’à ce moment là on est déjà rendus à la moitié de mon café, gâché par les Macronos pour changer.)

Jvoulais juste vous dire que vous avez sûrement vu passer comme moi les titres en mode « L’IA pourrait décider de tous nous tuer d’ici dix ans ! », et que tout, dans ce titre, est cacaboudin. (Trop fréquenté ma nièce ces derniers jours, désolée).
Ici un très long article (Arrêt sur images) l’explique très bien, mais je vais essayer de vous faire un résumé, franchement faites-moi confiance j’emballe hyper bien les quarts de concombre dans des masques FFP2.
PETIT 1. Déjà c’est ce que les anglophones appellent du « CEO said a thing! » journalism, soit en franchouille du Cacaboudin (pardon, si vous préférez le générique de Petit Ours Brun vous me dites). Précisément du « journalisme de type le-PDG-a-dit-un-truc », c’est à dire qu’on répète juste une déclaration d’un big boss comme une vérité, sans la questionner, alors que les PDG, bah, leur taf, c’est pas de relire Petit Ours Brun fait pipi sur le pot pour la quatorzième fois, c’est de nous vendre des trucs. Ça fait que quand ils déclarent « le ciel va nous tomber sur la tête », généralement, c’est pas pour l’amour des métaphores atmosphériques mais pour nous vendre des parapluies en teflon.
PETIT 2. L’ia n’est pas un machin autonome, avec sa propre pensée, genre créature de Frankenstein se réveillant avec des idées propres telles que Wow, il me faut absolument un mug-abeilles ou Je vais conquérir le monde en détruisant le vivant. L’ia, c’est des gens, des techbros au linkedin luisant et au poil lustré qui décident, programment, ordonnent, choisissent, dirigent, orientent, et je suis à court de synonyme pour dire que Petit Ours Brun PREND LA DÉCISION d’aller sur le pot, c’est pas le pot qui soudainement se dit tiens qu’est ce que je vais faire de beau aujourd’hui avec mon pass navigo illimité.
PETIT 3. Mais alors quel est l’intérêt pour nos techbros en chemisette d’entretenir la mystique d’une apocalypse-ia ? Eh bien si on fait de l’ia une sorte de chose autonome, disons un pot de chambre avec ses propres choix, on oublie qu’en réalité des gens décident de mettre en place des infrastructures qui exploitent et défoncent l’intégralité du vivant : humains, abeilles, quarts de concombre.
L’écocide de l’ia, ce sont des stratégies, des décisions industrielles, prises par des patrons de la tech. Des décisions qui normalement devraient être réglementées, des choix qui devraient se conformer aux lois, aux règles édictées par les gens qui habitent la charmante bourgade de Sainte-Marie-sur-Datacenter et les autres.
Mais plus on caresse l’idée d’une ia-pot-de-chambre-magique-autonome, couteau vengeur à la main et yeux révulsés, plus on dépolitise sa réglementation, et on déresponsabilise qui ? Les PDG. Qui eux, prennent des décisions très réelles entre deux canicules mortelles très réelles.
En somme, les techbros sont sur le point de nous faire le coup de « mon-ex-est-folle ». L’ia, c’est leur ex-folle, ils vous diront ça en date, en vous disant qu’elle a refusé de vous filer les gosses à la Toussaint, regardez moi cette hystéro apocalyptique!!! Bien sûr, ils ne diront pas qu’ils n’avaient pas payé la pension depuis 27 mois, annulé les douze derniers we avec eux dix minutes avant parce que « trop de boulot dsl » et convaincu le grand d’arrêter la-danse-ce-sport-de-pédé, juste qu’elle est devenue folle, incompréhensible, vraiment. (Barrez-vous de ce date immédiatement, versez la fin de votre chardonnay dans ses godasses connectées, ne regardez pas en arrière, bombez le torse, courrez. Courrez vite, que la force du cross de 6eB soit avec vous.)

Un dernier point : flipper d’une ia-magique qui soudain lancerait l’apocalyspe dans 10 ans, c’est ne pas regarder combien ses infrastructures détruisent tout aujourd’hui, maintenant, là-tout-de-suite, à feu vif. Ça existe pour de vrai, tata, les petits ours bruns ? Ça existait, mon petit chat. Comme les abeilles. Maintenant, on a des datacenters. Tu veux une grenadine dans mon mug ?
C’est très pratique, un datacenter. Ça n’a pas besoin d’aller au pot.
Je vous laisse sur cette très grosse ambiance ?
De mon côté, j’ai fabriqué une affiche avec zéro ia dedans, en recyclant Bolloré.
Je vous embrasse et je vous retrouve les vendredis à 19h30 à La Comédie des 3 bornes pour les parigot-es, venez, c’est le feu de pleurer, rire, et vivre ensemble❤️🔥.
Et si vous habitez plutôt à Sainte-Marie-sur-Datacenter vous pouvez réclamer une tournée dans votre ville par ici.
A tantôt,
Klaire
Laisser un commentaire